Gion Matsuri, et puis Tokyo

Publié le par Simon

Quelques nouvelles rapides parce que ça fait longtemps, mais que j'ai sommeil.

Il y a deux semaines (déjà ?!), c'était Gion Matsuri. En plus d'un certain nombre de rituels et de traditions bizarres répartis dans le mois de juillet, chaque soir de cette semaine-là, tout un quartier du centre-ville était occupé par des vendeurs de grillades et des jeux de fête foraine comme la pêche aux poissons rouges ou le tir à la carabine. Le samedi matin, il y avait un grand défilé de chars surmontés de gigantesques lances pointées vers le ciel (d'ailleurs ces chars s'appellent hoko, ce qui est une forme de lance japonaise). Et le soir, la procession de transport des kami (dieux) à travers la ville.

 

Avec les gens du labo, on s'est pointés le dernier soir de semaine, juste un peu trop tard pour avoir le temps de bien apprécier. J'ai quand même aimé voir la foule de gens majoritairement en kimono (vêtement traditionnel en beau tissu, qui donne généralement trop la classe) ou yukata (pareil, mais en plus léger pour l'été), chaussés de geta (chaussures en bois rigolotes). Ça fait bizarre, et vraiment plaisir à voir. Mention spéciale pour une maman africaine avec ses enfants, qui portait le kimono avec d'autant plus d'allure qu'elle était la seule dans son genre – avec le recul, c'est vrai que le kimono est un cousin du boubou :) Durant cette soirée, les chars du lendemain étaient posés à l'arrêt au milieu de la foule, avec parfois possibilité de les visiter. Des maisons du quartiers avaient aussi ouvert leurs murs (si si, ça se fait quand on a une maison en bois) pour dévoiler des intérieurs précieux et quelques trésors de famille comme… des kimonos !

 

Le lendemain, c'est tout seul que je me suis pointé pour voir le défilé, lequel était bondé de monde et étouffant de chaleur. C'était assez classe, avec encore plein de couleurs et de gens en costumes traditionnels divers. Les chars en question sont de gigantesques boîtes en bois avec quatre roues en bois, chacun tiré par plusieurs dizaines de damnés sous le soleil cuisant. Pas prévus pour tourner, ils demandent cinq à dix minutes pour faire chaque virage (d'où : le tracé du défilé est carré). Sur les côtés du char sont accrochées des tapisseries japonaises ou pas, j'en ai vu pas mal de style moyen-oriental. En haut sont assis d'autres gaillards qui chantent des chansons, jouent du tambour et de la flûte (et sans complaisance !), et crèvent probablement de chaud.

 

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Eux là, par exemple, pourquoi ils se fatiguent ?

 

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Ne me dites pas qu'ils essayent de faire rouler ce truc ?!

 

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Les deux mecs en bleu sont sur chaque char, ils agitent leur éventail de façon délicieusement inutile et maniérée. La lance en haut ne rentre pas sur la photo, car elle fait au moins deux fois la hauteur du char, en plus.

 

Détail amusant : il paraît, m'a-t-on dit à quelques jours du festival, que la saison des pluies s'arrête à la fin de Gion Matsuri. Dans les faits, il a plu des torrents, et de plus en plus fort, jusqu'au jeudi du festival. Le vendredi, il a fait un temps moyen, et à partir du samedi le soleil s'est installé pour des semaines. De beaucoup trop humide, on est passé à beaucoup trop chaud, et ça dure encore : c'est le côté extrême de l'Orient. Et la légende s'est (presque) accomplie.

 

Le samedi soir, trois mikoshi (autels portatifs joliment décorés, dans lesquelles on installe les dieux pour les promener) ont été baladés dans divers coins de la ville, portés chacun par plusieurs dizaines d'hommes en blanc qui se passaient le relai. J'en ai suivi un, de la fin d'après-midi jusqu'à la nuit, parce que c'était rigolo. J'ai donc pu voir avec quelle énergie ils transportaient la boîte, sautillant et chantant gaiement, se passant le relai parce qu'ils étaient beaucoup trop nombreux, et que c'était beaucoup trop lourd à porter plus de quelques minutes. J'ai pu voir aussi qu'à la fin certains avaient des grosses bosses sur les épaules ou sur la nuque, preuve qu'ils ne s'étaient pas donnés à moitié. Après avoir quitté le temple Yasaka, dans le quartier appellé Gion, et suivi trois chemins différents, les trois autels se sont rejoints et ont été rangés côte-à-côte dans un autre temple du centre-ville. Et je suis allé me coucher.

 

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Petit briefing avant le départ : « Ne vous défoncez quand même pas trop les épaules, d'accord ? »

 

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Traversée du quartier Gion au soleil couchant...

 

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Arrivée de nuit. Entre-temps, on a accroché des lanternes au mikoshi.

 

Ça, c'était le week-end du 17 juillet. Le week-end suivant, je suis retourné déranger Lorraine à Tokyo, comme j'avais prévenu. J'avais même emmené du renfort en la personne de Tanaka (mon binome). On a été à Yokohama (un grand port proche de Tokyo), célèbre pour son Chinatown et son port industriel. Le lendemain, on a été à Odaiba (quartier futuriste de Tokyo, construit sur une île artificielle), d'où l'on a une très belle vue sur le port de Tokyo. Le surlendemain, on s'est levés trop tôt afin d'aller voir le marché aux poissons de Tsukiji. Bref : on a vu des bateaux. En plus de ça, on a aussi visité le Chinatown de Yokohama, essayé le bain public à Odaiba, rencontré des Chrétiennes coréennes qui n'avaient pas entendu parler du Pape, et raté une exposition du studio Ghibli. C'était un chouette week-end (de trois jours).

 

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Publié dans Bêtises

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A
<br /> Si j'ai bien compris le truc avec les hotels, c'est une espece de slams geants où on porte une petite maison? Y a peut-être moyen de lancer l'idée dans les concerts ;-)<br /> <br /> <br />
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